le cas de la famille COLEMAN

Note d’intention


Le Cas de la Famille Coleman est une pièce qui a longtemps résonné en moi après sa lecture.
Comment considérer la gestion du handicap au sein même de la famille ? De quelle manière aborder la question de la charge qu’il représente pour ses membres ? Avons-nous pour obligation de rester loyal et intègre à notre lignée ? Existe-t-il un moyen véritable de se défaire de son histoire familiale ?
Tels sont les thèmes et les questions, inscrits au coeur de nos problématiques sociétales et de notre actualité, que je voudrais soulever. Car dans une société où les liens familiaux se distendent et se perdent, ces enjeux-là me paraissent essentiels et se doivent d’être éprouvés au sein de l’espace théâtral.
Le premier acte se présente sous le registre de la comédie. Le burlesque et la farce plongent le public dans la cacophonie de cette famille. Un brouhaha anxiogène et étouffant se met en place et nous plonge au coeur de l’atmosphère d’angoisse qui règne dans cette maison. Cette première partie se construit comme une partition musicale, traversée par de grands mouvements musicaux faits de crescendos, de tensions et de suspensions.
Puis, le deuxième acte se découpe en quatre journées. Le temps prend alors la forme d’un compte à rebours qui se resserre autour d’un secret. Le vernis comique se craquelle peu à peu, laisse place aux malaises et aux névroses de chacun, aux petits compromis et accords tacites qui sommeillent sous l’apparente légèreté.
L’acteur est pour moi le centre dont la mise en scène doit découler. C’est celui qui va construire l’espace, porter l’action vers l’émotion, transposer le réel. La direction d’acteur doit jouer sur la frontière ténue qu’il y a entre le pathétique et le comique et la lecture des personnages doit s’élaborer selon le prisme de leurs histoires personnelles. La scénographie se compose d’éléments de bric et de broc, d’objets entassés, cassés, d’éléments hétéroclites. L’état de délabrement dans lequel est plongée cette famille dessine l’espace comme un naufrage.
La mise en scène va donner corps aux liens invisibles et à l’étrangeté qui se niche dans les rapports filiaux et fraternels de cette famille. Les cauchemars qui habitent ces personnages, les spectres qui peuplent cette maison seront représentés dans l’espace scénique.
Avec ce spectacle, je cherche à sonder l’être humain et à voir, dans son cheminement, un miroir de la société qu’il bâtit.


LES SANS CHAPITEAU FIXE
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