le café des jours heureux

résumé

Au café des jours heureux, la journée s’annonce pareille à toutes les autres : le timide révolutionnaire fait les yeux doux à la femme alcoolique, la femme pressée lit Cosmopolitain en marmonnant, l’artiste teste son sex-appeal auprès de la femme errante... Mais une créature obscure va faire tomber les masques et percer leurs secrets les plus intimes, faisant basculer leur destin. Un spectacle tragi- comique et visuel, au rythme vertigineux, qui nous invite à regarder au-delà des apparences...

"Le café des jours heureux est comme un cri de révolte et d’amour... On y voit la cruauté du monde, mais surtout la force de vie qui est en chacun de nous, les fous rires, les moments de joie qui ponctuent notre quotidien et qu’on remarque si peu... C’est un spectacle riche et coloré où des moments intimes côtoient de véritables chorégraphies, où le spectateur passe du rêve à la réalité et du rire aux larmes. Huit personnages déclinent cette idée de façon totalement différente et incarnent les stéréotypes de notre société... Tous vont être asservis par une créature qui occupe désormais ce lieu pour mieux réveiller leurs angoisses et ce qui les empêche d’être eux mêmes..."

Johanna Boyé (auteur et metteur en scène)

note d’intention

Tout a commencé en 2001 : le désir de faire du théâtre m’a poussé à monter un texte, que j’aurais écrit.

J’avais le désir de partager les réflexions que je pouvais avoir sur la société. J’étais poussée par le besoin d’exprimer, de dire nos peurs, nos questionnements, notre besoin irrépressible d’appartenir à un groupe social, de s’enfermer au sein de catégories, de s’identifier à d’autres personnes afin d’appartenir à leurs conventions et codes.

Nous jouons tous un rôle, une partition, camouflés sous un masque socialement reconnu, acceptable et tolérable.
C’est ce qui m’a poussé à utiliser des clichés, à créer des personnages volontairement caricaturaux et hauts en couleurs, enfermés dans une façon de fonctionner. Chacun d’eux est hanté par une problématique lourde, un blocage face à l’existence et aux autres. C’est un conflit intérieur qui les empêche d’évoluer librement, d’avancer, d’être eux – mêmes.
Ce sont donc tous des personnages qui se cachent derrière leur caricature, des carapaces socialement admises.

Les textes sont partis de ces personnages emblématiques et de leur incapacité à exister et vivre en société, face au regard de l’autre.
Le projet était de faire tomber les masques qu’ils portaient, à tour de rôle, à un moment clef de la pièce, à l’occasion du monologue qui leur était dédié.

Le monologue est le seul moment de sincérité absolue pour ces personnages, d’honnêteté et de simplicité. C’est seulement à ce moment qu’ils se laissent aller, qu’ils se racontent, se confient tels quels, au public, dévoilant ainsi toute leur humanité...

Le contraste entre la façon de fonctionner d’un personnage pendant la pièce, et sa façon d’être, pendant le monologue, est très net.

Toute la difficulté pour ces personnages réside dans le manque de cohérence qui existe entre ce qu’ils sont et ce qu’ils montrent aux autres.
Ceci permet au public de les découvrir avec leurs détresses, leurs contradictions, et leurs fardeaux, mais aussi de découvrir leurs véritables personnalités avec leurs richesses et leurs générosités.
La carapace du cliché se détruit progressivement tout au long de la pièce. Et nous nous apercevons du parallèle criant qui existe entre nous, public, et eux, les personnages...

Mon désir était que chacun puisse se retrouver dans ces clichés, ces caricatures pour s’y reconnaître et s’identifier.

Huit personnages font vivre cette idée, et la déclinent, à chaque fois, de façon totalement différente.

Nous avons la femme pressée, paranoïaque, maniaque et sexuellement frustrée. C’est l’archétype de la « working girl »…
Dans ses moments de solitudes, elle s’adresse à un homme imaginaire qu’elle considère comme son compagnon et son amant.

Il y a la femme alcoolique, qui noie son malheur dans l’alcool. Rongée par la solitude, elle prétend et croit avoir une vie intense. Elle passe son temps au comptoir d’un bar qui regroupe ses seuls amis. Toutes les nuits, elle est poursuivie par le cauchemar terrible de son enfance, qui a anéanti sa vie.

Il y a l’artiste, très sûr de lui : orgueilleux et mégalomane... Continuellement en représentation, il n’existe qu’à travers le regard des autres. L’art n’est qu’un prétexte, un moyen de séduire, une excuse pour ne rien faire.

Nous avons aussi la femme errante, victime de sa naïveté et de sa fraîcheur. C’est l’archétype de la jeune fille en quête du prince charmant et bercée par les illusions…

Le révolutionnaire, lui, est un homme qui a consacré sa vie à une cause qu’il croyait juste. Il s’est totalement oublié et perdu dans la politique. Ses idées sont ridiculement utopiques et grandiloquentes. D’une timidité maladive, il a choisi le monde des idées plutôt que celui des hommes…

Le travesti, incarne un personnage qui est dévoré par une masculinité impossible à cacher. La réalité lui montre tous les jours qu’il ne pourra jamais ni paraître, ni être une femme… C’est la difficulté d’être par excellence. La sensation qu’un autre corps en lui essaye d’exister… Sa solitude est déchirante et ses amours sans joie.

Il y a également, le barman et la gamine qui côtoient et observent, tous les jours, les détresses de chacun. Tous les deux tempèrent les conflits au sein du café et sont les gardiens d’un secret inavouable, expliquant l’existence de ce café.

Enfin c’est le personnage de la voix off qui relie toutes ces solitudes, qui provoque ces prises de paroles, cette honnêteté. Mais elle les ronge de l’intérieur, les confronte à leurs angoisses les plus inavouables, les obsède.
Ce personnage incarne nos angoisses et nos névroses…

J’avais donc envie de travailler sur cet enfermement mental.
En somme, traduire nos angoisses en mettant en scène des personnages régis par un système de valeurs et des codes bien établis.
Ce qui m’intéressait c’était de travailler visuellement sur cette dimension. C’est l’idée de la voix off qui cherche à exprimer les névroses, les frustrations qui traversent l’ensemble des personnages en action sur la scène. Elle symbolise les conditionnements imposés par la société. Pour traduire puissamment cette idée, la voix off est devenue un rôle à part entière, interprété physiquement par un comédien présent sur la totalité du spectacle, qui agit directement sur leurs comportements. Je me suis intéressée à montrer la façon dont il était possible de les atteindre, les obséder, les gouverner sans qu’ils en aient conscience.

Mon choix a aussi été de rechercher la diversité et le mélange des modes d’expression : beaucoup de travail corporel et visuel en utilisant la danse, le chant, la musique. Je me suis inspirée de l’univers de la bande dessinée, du cartoon et d’un travail de groupe important. En effet, les comédiens sont toujours sur scène.
Tout d’abord, un travail scénique visuel, précis et rigoureux, conférant au texte une place centrale. Ensuite un esprit théâtral proche du cinéma, du concept de la bande - vidéo. (accéleré - ralenti - danse de transition par exemple), basculant facilement et rapidement du rire, au calme et à la détresse.

C’est un travail riche visuellement et émotionnellement. Je voulais défendre mes idées, toucher le public directement de façon efficace. Je souhaitais aussi le perdre, le balader à travers la palette de toutes les émotions que nous pouvons ressentir quotidiennement : qu’il passe sans arrêt du rire aux larmes, de la révolte à la tendresse, qu’il s’attache à nos personnages, qu’il puisse s’identifier, voyager dans mon univers.

Mon objectif réel est de le bouleverser et le faire rire, qu’il sorte de ce spectacle en réfléchissant sur lui-même et sa façon d’exister.

comédiens

Lauriane Lacaze : Formation aux Ateliers du Sudden.
Aujourd’hui jeune comédienne, elle a déjà joué dans une dizaine de pièces : les Femmes savantes, les Fourberies de Scapin, le Songe d’une nuit d’été…
Elle donne des cours ce théâtre-social à l’espace du Noyer-doré à Anthony (92).
Elle suit parallèlement des études en Master de juridiction et administration des structures artistiques et culturelle.

Ugo Gonzales : Formation de comédien au Conservatoire régional de Théâtre de Bordeaux puis aux Ateliers du Sudden. Il a joué dans plusieurs pièces de théâtre : Les sales mômes d’Alphonse Boudard, C’est tout droit ou l’inverse d’Alice Pol, Berlioz, spectacle dans lequel il tient le rôle-titre. Il est également scénariste pour la série animée Les Mowwws (Traffix Production).
Il a participé au Festival d’Avignon 2006 avec Le malade imaginaire (m.e.s Léonard Matton).

Nicolas Kaczorowsky : Formation de comédien aux Ateliers du Sudden. Il joue dans plusieurs pièces de théâtre : Ruy Blas (m.e.s R-A Albaladejo), Le Malade imaginaire, Le Misanthrope (m.e.s Justine Heynemann).
Il enseigne le théâtre dans des lycées versaillais et écrit des livrets d’oratorio.
Il a participé au Festival d’Avignon en 2002, 2004, 2005 et 2006 notamment avec Le théâtre ambulant Chopalovitch (m.e.s R-A Albaladejo).

Laurent Labruyère : Musicien et comédien, sa formation de comédien débute au Cours Myriade à Lyon puis aux Ateliers du Sudden. Cours de saxophone et de guitare dans l’école de jazz A.R.P.E.J. Il joue dans de nombreux spectacles et dernièrement : La guerre de Goldoni au Théâtre Mouffetard (m.e.s Henri Ganem), dans Ruy Blas , Novgorod Sortie Est,…
Il a participé au Festival d’Avignon en 2005 et en 2006 avec Le théâtre ambulant Chopalovitch dans lequel il interprète le rôle-titre.

Marie Plantin : Formation de comédienne au Conservatoire du XIXème et de danse au Centre du Marais et avec la Cie Feu de plancher. Elle a réalisé des chorégraphies.
Elle a joué dans Le songe d’une nuit d’été et a participé au Festival d’Avignon 2005 avec le spectacle Les enfants d’Izieux.

Pitt Simon : Originaire du Luxembourg, il suit sa formation à Paris III Censier section Arts du spectacle (option théâtre) puis aux Ateliers du Sudden. Il joue dans plusieurs pièces classiques et contemporaines : L’Ecole des maris, Les caprices de Marianne, L’impromptu de Versailles. Polyglotte et itinérant, il joue en allemand dans Zoo story d’Edward Albee au Luxembourg et dans Mercury Fur de Philipp Ridley à Vienne.
Il a participé au Festival d’Avignon en 2005 et en 2006 avec Le théâtre ambulant Chopalovitch et Le malade imaginaire.

johanna Boyé : ...

Jeremie Graine : ...

Anna Mihalcea : ...

equipe technique

  • Ludovic Blanc : décors et graphisme
  • Mohamed Mokkaddemini : création et régie lumières
  • Marie Valton : création des chorégraphies

galerie




LES SANS CHAPITEAU FIXE
Contact : 06 84 99 19 77