le cas de la famille COLEMAN

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Le Cas de la famille Coleman - Critiques presse
LA CRITIQUE DE PARISCOPE ( Marie Plantin )
• C’est sous le titre "L’Anniversaire" que ce spectacle signé Johanna Boyé a raflé la mise cette année au concours de Jeunes Metteurs en Scène du Théâtre 13, cumulant le Prix du Jury et le Prix du Public (Prix du Public ex-aequo avec un autre spectacle, "Münchhausen", mis en scène par Elsa Robinne). Depuis, le spectacle a retrouvé son titre originel, "Le Cas de la Famille Coleman", celui de la pièce de l’auteur argentin Claudio Tolcachir dont il est l’adaptation fidèle. L’histoire d’une famille déglinguée, totalement chaotique et borderline mais aussi terriblement vivante et attachante qui traverse une micro-tragédie interne. La pièce est une immersion tête la première dans le quotidien sens dessus dessous de cette tribu à l’hystérie communicative, aux réactions épidermiques, excessive et explosive. Chez les Coleman, on crie souvent, on court partout, on rit haut et fort, on se coupe la parole sans arrêt, on frôle en permanence la dépression nerveuse ou la crise cardiaque… Chaque seconde qui passe est électrique, sous tension. Les humeurs des uns, les problèmes des autres alimentent le brouhaha ambiant. Ça déborde de partout. On se croirait dans une ménagerie en pleine crise d’hystérie généralisée. Et puis il y a l’évènement. Avec un grand E. Celui qui fait basculer le scénario dans une autre dimension, qui petit à petit atomise le noyau dur et les liens de parenté. L’écriture de Claudio Tolcachir ne cherche pas la tournure stylistique, au contraire elle tend à se faire oublier en tant que telle. Elle traque au plus près la parole quotidienne de chacun, dessine des caractères, des personnages au tempérament marqué. Elle fabrique par le biais de dialogues vifs, rapides, éclatés, des individus aux prises avec le collectif. Un collectif compact, irréductiblement lié, unis et désunis, qu’on appelle la famille. En l’occurrence ici, une famille argentine désargentée qui répond à la misère par une surenchère de vitalité, qui répond à la promiscuité par la névrose, qui répond à la réalité par une folie communicative et joviale. La mise en scène de Johanna Boyé se met au service de la pièce avec brio tout en imprimant sa patte à travers des ponctuations oniriques (poétiques ou burlesques) bienvenues. Elle orchestre ce chaos avec une précision d’horloger, mène tambour battant cette partition chorale en un tempo haletant. Johanna Boyé est elle-même comédienne - passée par le cours de Véronique Nordey puis l’école du Sudden Théâtre - et ça se sent. Elle a forgé son expérience de metteur en scène sur un bon nombre de spectacles ("Le Café des jours heureux", "Le Diable en partage", "Hugobert et Michelin", "Frous-Frous"), collaboré à différents projets à vocation sociale. Elle ne manque pas d’expérience et ça se voit. Son spectacle irradie de savoir-faire, de justesse, de maîtrise et de talent. Elle dirige ses comédiens avec un sens du rythme et des déplacements impeccable. Sa distribution est à la hauteur de sa direction d’acteur. Excellente. Mais si l’acteur est au centre de sa création, la dimension esthétique du spectacle n’en est pas pour autant mise de côté. Décors et costumes composent un ensemble cohérent, campent l’atmosphère sans forcer le trait : le désordre vivifiant de l’appartement, lieu de passage permanent et de mouvement perpétuel, à la fois cocon et prison pour les personnages ; le blanc clinique de la chambre d’hôpital, froide et impersonnelle, aseptisée. Les changements scénographiques sont fluides et parfaitement intégrés à la dramaturgie. Il y a une circulation d’énergie enivrante dans ce spectacle porté par huit comédiens réjouissants. Sa récompense résonne comme une pure évidence.



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